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Mon beau-frère ce Aito


Photo : Moana iti 

Faatau , un grand gaillard originaire de Rurutu , son caractère bourru , ses manières rudes ont pu en étonner quelques-uns , il se plaît dans les réparties , fabulateur , imposteur , mon beau-frère n'est pas un enfant de coeur mais sous ses airs peu accommodants ce dissimule un coeur bienveillant . Un homme rude , qui manque souvent de maturité mais capable de faire preuve d'une grande tendresse à l'égard de ses enfants . Ce grand costaud  qui a eu une enfance et une vie modeste ,  dont la scolarité fut brève , se divertissait à nous raconter avec audace que son école était celle de la vie , il l'appelait " l'école des fleurs " , en effet cet homme s'est formé seul , il a une aptitude d'autodidacte naturelle mais pas structuré , l'envie d'apprendre , l'enthousiasme , la passion dans l'effort , un débordement  dissipé qui peut parfois compenser son manque de rigueur !

Photo : Moana iti 






Il a construit la maison de ma soeur à Rurutu , a fait divers travaux à la maison , les finitions de leur maison de Moorea , de l'escalier qu'il à fabriqué lui-même jusqu'au plafond . Une extreme Polyvalence dans les travaux manuels que beaucoup d'hommes pourraient lui envier  , mais,  à l'image de son imposante stature de Maohi , mon beau -frère est taillé pour les grands ouvrages , l'habileté , la précision , la patience , lui font défaut , son tempérament d'enfant turbulent ne se conforme pas à l'exigence dans la finesse et l'application d'un geste ! Néanmoins avec le temps , la quarantaine passé , il s'ajuste , il se modère , se Normalise , il peut enfin apprivoiser son énergie ( les courbatures de l'âge aidant ) vers des activités plus minutieuses . Depuis quelques mois Faatau c'est lancé dans un nouveau projet : la conception de Ukulele . 

Photo : Moana iti 

En pénétrant dans son atelier j'ai été fascinée par cette belle lumière diffuse , cette petite odeur de poussière et de vernis , par ces pièces de bois sur le plan de travail qui prennent du relief , transmettent la lumière et la profondeur , une pièce habité d'une douce sérénité ! Il tâtonne , analyse , réfléchit , il prospecte , il s'acharne , apprend , essaie , 1 , 2 , 3 prototypes , utilise du bois de récupération , joue avec les couleurs , perd patience , écoute les tonalités sporadiques , inégales , tourmenté il recommence . Obstiné il à néanmoins réussi à créer de beaux Ukulele , avec la seule volonté de son entêtement et son envie d'apprendre ! Je suis émerveillée par ces instruments suspendus se balançant délicatement dans le vide , bercés par la brise , la lumière jouant avec les reflets du vernis fraîchement posé sur le bois parfumé ! Mon beau-frère ce Aito ! 

Photo : Moana iti 

Photo : Moana iti 

Photo : Moana iti 

Rencontre avec une famille de pêcheur de Inaa

Photo : Moana iti 


Samedi 13 Octobre 2012 , je souhaitait prendre en photo et découvrir la pêche aux Inaa , ce délicieux beignet d'Alevin consommé depuis l'enfance , cuisiné avec amour par nos mamans et nos grand-mères ,   évocation de souvenirs comme la douceur dans le geste ferme et ordonné des mains de ma maman qui peignait mes longs cheveux de petite fille avec du Mono'i , l'agréable odeur de cette huile parfumé se répandait dans la maison le matin , essence , goût , contact , images de notre enfance que l'on aimerai restituer !

Je me suis donc documenté sur internet , j'ai enfin appris et re-découvert ce petit poisson qui nous amusait tant quand on était gamin , vendu dans des sachets par les fameux pêcheurs crieurs qui sillonnaient les quartiers pour vendre leur pêche du matin .


Inaa dans le vivier , papare -Photo : Moana iti 

Voici donc ce que j'ai appris :

Le terme « inaa » se réfère aux alevins de certains gobiidés qui sont consommés périodiquement par les populations de Tahiti, Moorea et de certaines îles des Tuamotu.

A la Réunion, ils sont appelés « bichiques » - la « poutine » de Méditerranée est équivalente. Les gobies de rivière adultes sont appelés « o’opu » à Tahiti et « kokopu » aux Tuamotu (...)


Le cycle des gobies de rivière est le suivant :
  •  les adultes (taille entre 10 à 15 cm) pondent en rivière 
  •  les œufs fécondés sont emportés dans l’océan puis vont éclore donnant naissance à des larves 
  •  les larves se développent au stade alevin dans l’océan, et deviennent « inaa » 
  •  au bout d’1 à 2 mois, les alevins de couleur rose reviennent dans « leur » rivière - c’est à ce moment qu’ils sont capturés 
  •  les alevins (taille entre 2 à 5 cm) qui recolonisent la rivière deviennent noirs et le cycle est bouclé.
En général, la pêche se déroule à l’embouchure des rivières, mais il arrive que les bancs soient capturés pendant leur progression dans le lagon ou même au large.

La période favorable de pêche se situe entre les mois de juin et septembre, mais il arrive qu’il y ait des décalages certaines années.

Les bonnes pêches peuvent générer plusieurs tonnes de captures en une seule journée. Les « inaa »peuvent être conservés vivants 1 à 2 jours dans un vivier appelé « papare ». Installé dans la rivière ; pour certains, ce traitement améliorerait le goût du « inaa ».

Source : Direction des Ressources Marines


Photo : Moana iti 

Mes recherches mon menées vers une documentation théorique complète , mais le cours magistral ne me suffit pas , je suis une émotive , je veux toucher , sentir , écouter , accomplir cette quête vers l'évocation de mon enfance ! J'ai donc décidé de parcourir les rivières de Tahiti sur la côte Ouest en ce Samedi matin ensoleillé , en Octobre c'est la fin de la saison , je m'attendait donc à une mission incomplète , quelle fut ma surprise et mon émotion lorsque j'ai aperçu cette famille de pêcheurs , reconnaissables de loin avec les grandes épuisettes posées sur les rochers et dans les 4X4 .

 La famille originaire de Papenoo se reposait tranquillement à l'ombre des Purau , ils semblaient attendre que le temps passe dans une langueur monotone mais affables , paisibles à l'image de ce peuple Polynésien bienveillant , les enfants jouaient , le père recousait ses filets , le grand-père soupirait , la maman préparait les casse-croûtes , une des filles du grand-père considérait la surface de l'eau avec beaucoup d'attention de concentration et de patience , agrippant avec un geste sure et aguerri la grosse épuisette dans ces mains de Vahine .

photo : Moana iti 

Le grand-père me parlait ( en tahitien ) de son irritation , des interdictions de pêcher dans certaines rivières , des abus de certains pêcheurs du Dimanche qui pillent les cours d'eau sans respecter la réglementation , de la sur-exploitation de cette ressource sans aucune retenue , sa famille ne vie que de la pêche , quand ils arrivent , la rivière est déjà vide , les services communaux et associations les mettent en garde , leur demande parfois de partir , le grand-père est amer !

Sa fille prend la vie avec philosophie et parcimonie sans doute par dépit , elle me racontait les difficultés du métier , les jambes pétrifiés par le froid , engourdies par les heures passées debout dans le tourbillon glacé des rivières , le dos qui souffrait , les courbatures , le poisson qui se fait rare , les fins de mois difficiles , à la fin de la saison des Inaa ils enchaînent sur celle du Ature qu'ils vont pêcher dans le lagon de Mahina , payer les mensualités des 4X4 , engin nécessaire au transport de tout le matériel et adapté au relief des zones de pêche . Avec toute la candeur aimable et douce des Polynésiens , un grand sourire sur son visage au teint brun marqué par le soleil ,  elle fini par ajouter ,  qu'ils arrivent à survivre et qu'ils étaient heureux .

Voir Aussi : Beignets de Inaa , Recette illustrée
photo : Moana iti
Photo : Moana iti 

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